je sens nos vingt ans
s'égrener sous nos pieds
et le sol blanc
s'efforce de me rappeler
ces rêves perdus
à bout de souffle
ces rêves perdus
à peine retrouver
les martyrs
les nuits
les mystères
la poussière
ce goût amer
de la poésie, du rock. de ma fenêtre ouverte.
je regardais nos vies passer
dans l'impuissance
putain je me rappelle
rien n'est arrivé tu vois
aucun de nos rêves
les années ont passées
tes vingt ans à toi se sont écroulés
de l'ouzbek à la Belgique
à travers ces filles
leurs porcelaines
sur lesquelles tu passes tes lèvres
la guitare et la seringue à la main
qui est-tu?
et moi...
putain je me rappelle
rien n'est arrivé tu vois
aucun de nos rêves
on a essayé de fuir, pourtant.
je me suis regardée dans le miroir
t'as vu mes yeux
ma bouche?
je suis rendue grand
bientôt les rêves n'auront plus de sens
j'ai quitté ce monde de barbarisme
un fascisme qui m'imposait de souffrir
au gré de l'océan
je déteste la passion, tu as raison
putain
je me rappelle
tout ça n'a aucun sens
tout s'évapore
sinon ce goût de vivre
plus fort
plus fort
avec ou sans toi
je serai heureus
avec ou sans toi
putain je me rappelle
tes yeux
ta voix
le téléphone qui sonne
qui dit:
, c'est toi?
oui c'est moi.
tu es fou.
qui voulais-tu que ce soit
putain je me rappelle
notre crash
notre divorce
tout ça mentalement
mais c'est un peu grâce à toi
que j'y suis maintenant
tu m'as prêté le rock et les mots
t'as été ma Russie
si grande
tu vois
j'avais visé trop haut
tu étais décidément trop pour moi
je serai heureus
avec ou sans toi
je ne t'en veux pas
tu le sais
mais il est de ces jours, même après des années, où je me demande qu'est-ce que je vais foutre de ma vie
j'ai peur de tout rater, tu m'entends
et maintenant t'es plus là pour me dire que ça ira
merde t'es plus là
j'ai peur
et putain je me rappelle
le plaisir que j'avais à souffrir de toi
tout ça doit cesser
je serai heureus avec ou sans toi
tu m'entends?
je serai heureus